Ce pourquoi nous quittons VISA 44
Les trois syndicats de l’Union Locale CNT 44 dénoncent les violences patriarcales et leur déni au sein de VISA44.
La situation qui perdure depuis le mois de juin 2024 ne connaît pas de résolution à ce jour, et nous place aujourd’hui dans la nécessité de prendre la parole sur l’impasse dans laquelle nous nous trouvons, face au manque de dialogue et de prise en charge des questions des Violences Sexuelles Sexistes et Patriarcales (VSSP) dans VISA44.

Les trois syndicats de l’Union Locale CNT 44 dénoncent les violences patriarcales et leur déni au sein de VISA44.
La situation qui perdure depuis le mois de juin 2024 ne connaît pas de résolution à ce jour, et nous place aujourd’hui dans la nécessité de prendre la parole sur l’impasse dans laquelle nous nous trouvons, face au manque de dialogue et de prise en charge des questions des Violences Sexuelles Sexistes et Patriarcales (VSSP) dans VISA44.
Parmi les faits dénoncés :
- La soustraction d’informations concernant des faits de violences sexistes commises par un mandaté CGT dont le comportement, pourtant questionné, a été passé sous silence au risque d’une mise en danger de camarades sexisé·es au sein de nos instances syndicales et du bureau de VISA 44.
- Ensuite, le comportement sexiste et patriarcal d’un autre mandaté CGT d’abord envers une camarade dénonçant la gravité des faits et de leur gestion par la suite, puis une deuxième fois envers tout le bureau de VISA 44.
- Enfin, la volte-face des autres organisations syndicales (FSU et Solidaires) face à la CGT, choisissant finalement de ne pas reconnaître les violences, d’écarter et de passer sous silence la parole des victimes, d’enterrer l’affaire et de préférer un arrangement entre directions syndicales.
Ces agressions et ces dénis, sur lesquel·les nous refusons quant à nous de fermer les yeux, sont le symptôme d’un sexisme latent et qui ne dit pas son nom.
Nous sommes aujourd’hui suffisamment formé·es et informé·es dans nos milieux, qui revendiquent une prévention et une inclusivité sur les questions de violence de genre, pour avoir conscience que ces attitudes n’auraient pas été les mêmes face à un homme ou n’auraient du moins pas eu le même impact. Ces faits mettent en lumière une réalité de discrimination et de domination systémique. Nous considérons que ce genre de posture n’a sa place ni dans nos organisations ni dans nos luttes ni ailleurs.
La lutte contre le patriarcat est une mobilisation sociale permanente et elle est exigeante.
Nous-mêmes, à la CNT 44, n’en prenons pas toujours la mesure exacte. Notre structure, comme les autres, souffre du patriarcat, du manque de soin, de l’individualisme et des silences pesants face à ces situations. Malgré un travail engagé et une prise de conscience tardive, nous avouons aujourd’hui avoir échoué à la prise de soin de notre camarade que nous voyons nous quitter avec regret. Ce constat nous oblige face à elle et tou·tes les autres. Combien choisissent de partir par fatigue, par dépit ou pour se protéger ? La remise en question de nos structures est un travail long et permanent.
Ce combat, loin d’être incompatible avec une lutte urgente et antifasciste, est nécessaire.
Nous considérons donc que le passage sous silence de ces faits graves est la résultante d’ambitions politiques entre dirigeants syndicaux davantage préoccupés par la défense de leur position hégémonique au sein de l’instance VISA 44 et du milieu syndical que par la défense des principes de justice sociale et de solidarité qui sont pourtant les principes mêmes d’une organisation qui se veut antifasciste. Ce système politique et de compromissions internes fragilise notre cause et interroge nos valeurs, d’autant plus dans le contexte politique que nous connaissons aujourd’hui.
Des questionnements et des réponses auraient pu être amenées dans le cadre d’un échange apaisé et constructif qui n’a malheureusement pu avoir lieu. La soustraction d’informations sur le danger d’intégrer un potentiel agresseur au sein de la CNT a été suivie d’une agression verbale à l’encontre de notre camarade qui dénonçait cette soustraction et son utilisation politique. Tout au long des mails et échanges, et malgré une dernière réunion, nous considérons n’avoir pas été entendu·es, mais bien plutôt rappelé·es à l’ordre sans recherche collective d’une résolution à cette situation. Ce problème a été réécrit et minimisé en un simple conflit entre la CGT et la CNT. Les autres organisations de VISA44 ont choisi d’occulter et/ou de nier la réalité et la gravité de l’agression tout en ignorant les demandes légitimes de reconnaissance, de justice et de soutien de la victime. A l’heure actuelle, aucune excuse n’a été produite.
Pour la CNT 44, il ne s’agit pas d’un conflit entre deux organisations mais bien d’un problème plus général dans le milieu militant, dont le traitement doit être politique. Comment prétendre lutter contre le fascisme et son sexisme ouvertement revendiqué si, dans le même temps, on s’exonère de l’indispensable combat contre celui qui imprègne nos propres structures et milieux ? Trop longtemps des organisations politiques et syndicales ont préféré la solution du "quoi qu’il en coûte" pour atteindre leur but. Cette condition n’a toujours pas porté ses fruits et a mis nos idéaux au service de trop d’ambitions et de dominations. Elle porte aujourd’hui la responsabilité de trop de problématiques gangrenant nos luttes.
Si le prix à payer par la CNT44 pour continuer à produire un travail collectif au sein de VISA 44 est la minimisation des violences sexistes, sexuelles et patriarcales, leur passage sous silence ou encore leur déni, cela n’est pas acceptable.
Les buts ne passeront pas avant les moyens !
La CNT n’a donc d’autre choix que de quitter VISA 44, avec amertume.
Les 3 syndicats de l’Union Locale CNT 44