Depuis quelques années, tous les deux jours est tué un·e militant·e pour l’environnement, défendant sa terre, l’eau, la forêt, les terres nourricières. L’appel zapatiste de ce 20 février rappelle notre solidarité avec les peuples autochtones des Amériques en première ligne des résistances contre les sociétés capitalistes, extractivistes, destructrices et prédatrices.

A l’heure où les horizons s’assombrissent, où les bruits de bottes résonnent dans le monde entier, quand le fascisme et ses clones tambourinent une musique de mort, alors que le capitalisme et les États se désintéressent ou accentuent leur déni des enjeux environnementaux, nous n’oublions pas ceux qui luttent dans la forêt Lacandone du Chiapas et constituent depuis des années une utopie concrète qui nous inspire, tout comme les luttes indigènes contre la destruction du vivant par des projets capitalistes.

Nous sommes à leurs côtés en ce mois de février qui marque le sombre anniversaire de l’assassinat d’un de leurs compañeros, Samir Flores Soberanes, tué le 20 février 2019. Depuis, les tueurs et leurs commanditaires liés aux autorités locales bénéficient toujours de l’impunité et de l’inertie de la machine judiciaire. Animateur de la radio communautaire Amilkzinko, Samir y a partagé le combat des peuples en résistance. Militant indigène du Front des peuples en défense de la terre et de l’eau, très engagé à partir de son village de Huexca, dans l’État de Morelos, dans la résistance contre un méga projet de centrale électrique et de pipeline, il défendait les terres communes et les ressources naturelles.

Nous ne l’oublions pas, ni toustes celles et ceux qui, au péril de leurs vies, affrontent les logiques du profit meurtrier, la terreur, et le pillage, et qui malgré la surenchère guerrière, les génocides en cours et les ruines fumantes, persistent à construire les « jours d’après », égalitaires, conviviaux, débarrassés des dominations, respectueux de leurs terres et des usages communs. L’utopie concrète respire partout, même si elle palpite parfois en sourdine.

« Quand on navigue, ce qui importe n’est pas le port vers lequel on met le cap, mais cette sensation de tout refaire à nouveau... » a dit un certain sous commandant sous son passe-montagne.

Pour Samir Flores Soberanes et pour les morts qui ne meurent jamais, « la justice d’en bas se construira seulement par la mémoire, la rébellion et l’organisation ».

La solidarité internationale dépasse les frontières, et passe les mers comme les montagnes !

Union locale CNT Loire-Atlantique,

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